Les anges gardiens

La notion d’ange gardien semble remonter à la nuit des temps. Universellement admise par les trois grandes religions monothéistes, elle est difficile à mettre en doute tant elle est ancrée dans la mémoire collective et correspond à un besoin de l’humanité. Si rien ne prouve leur existence, hormis les très nombreux témoignages de croyants, rien ne permet d’affirmer leur inexistence. Le pape Benoît XVI dit à leur sujet : « Ils marchent à côté de nous, ils nous protègent, en toutes circonstances, ils nous défendent dans les dangers, et nous pouvons avoir recours à eux à tout moment. »

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Et si les anges gardiens ne croyaient plus en nous ?

On se demande toujours si les anges existent. Que ce soit au temps des premiers hindouistes, des Babyloniens ou même des Égyptiens, les témoignages se recoupent pourtant. Est-ce leur concurrence présumée face au dieu unique des Églises monothéistes qui nous empêche aujourd’hui d’avoir une relation simple, amicale et même fraternelle avec nos meilleurs amis d’en haut ?

Si ce sont vraiment nos frères éthérés toujours là pour nous soutenir ou nous éviter quelques cicatrices, pourquoi n’est-il pas plus simple de leur parler ? Ce devrait être naturel. Et si nos anges gardiens nous rendaient la pareille, s’ils doutaient de notre existence ? Comment réagirions-nous ? Continuerait-on à les apprécier patiemment et à attendre qu’ils se décident enfin à faire attention à notre présence ?



D’où viennent les anges gardiens ?

Les premiers hindouistes, 3 000 ans avant J.-C., croyaient déjà en un dieu unique entouré d’anges dont certains, voulant régner à sa place, furent déchus. Les trois principaux étaient nommés Birma, Vitsnou et Sib. Par la suite, au fil des siècles, ces anges devinrent des divinités. Le nom Vistnou est d’ailleurs très proche de celui de Vishnou, l’une des trois principales déités hindouistes connues de nos jours.

En France, c’est surtout au milieu du XIe siècle que se développe la dévotion aux anges gardiens personnels et de nombreuses prières leur sont entièrement dédiées à partir du XIIe siècle. Très liées au culte de saint Michel, elles commencent souvent par une phrase d’une prière à l’archange : « Saint ange de Dieu, toi qui es mon gardien, par la puissance éternelle, guide-moi et protège-moi. » Cependant, la Bible ne mentionne jamais clairement les anges gardiens, seules de nombreuses allusions indirectes dans l’Ancien et le Nouveau Testament font mention de leur rôle de protecteur.

C’est ce qui leur vaut le titre d’anges gardiens, largement reconnus par l’Église et abondamment cités par les saints de la chrétienté : « Avec un ange auprès de vous, que pourriez-vous craindre » (saint Bernard) ; « Le désir qu’a notre ange gardien de nous aider est beaucoup plus grand que celui que nous avons d’être aidés par lui. » (saint Jean Bosco) Ils sont en général chargés de protéger et d’aider le croyant à grandir dans l’amour de Dieu et sont traditionnellement célébrés le 2 octobre.

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Que font les anges gardiens ?

Si les avis divergent sur les origines des anges gardiens, la façon d’entretenir des relations avec eux et leurs noms, tout le monde s’accorde sur un point : leur rôle. Comme l’indique leur appellation générique, ces anges sont dévoués à l’humanité et chaque être humain est supposé en avoir un à ses côtés. Cette conception est unanime depuis la nuit des temps. Voltaire le mentionne dans son Dictionnaire philosophique : « Une des premières idées des hommes a toujours été de placer des êtres intermédiaires entre la Divinité et nous. »

Une autre notion commune à la plupart des écrits concernant nos anges gardiens, c’est qu’ils ne peuvent agir sans notre consentement et qu’il est nécessaire de demander leur aide pour l’obtenir. Une idée récurrente veut qu’il n’y ait rien de plus triste qu’un ange ignoré par son protégé. Il est intéressant de noter cependant que les premières actions d’anges protecteurs décrites dans l’Ancien Testament sont spontanées, directement ordonnées par Dieu et non formulées par la personne qui en bénéficie.

Le protégé ne s’aperçoit qu’après coup qu’il a eu affaire à un envoyé divin. Ainsi Agar, dans sa fuite dans le désert dans la Genèse [16, 13], tombe par hasard sur l’ange de Yahvé. L’ange serait donc avant tout au service de Dieu, qui le met au service de l’homme. Jésus fait allusion à cette règle dans l’Évangile selon Matthieu (26, 53) : « Penses-tu donc que je ne puisse faire appel à mon Père qui me fournirait sur le champ plus de douze légions d’anges ? »